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Conférence au centre Pompidou
Vendredi 28 Octobre 2011
Conférences sur le thème 'Musique, Création, Evaluation" organisées par Akoustic Arts
Olivier Houdé, Robert Kaddouch
Le cerveau doit inhiber pour créer: données de recherches sur le développement cognitif, du bébé à l'adulte par Olivier Houdé, Professeur de psychologie à l'Université Paris Descartes, Membre Senior de l'Institut Universitaire de France, Chaire des Sciences des apprentissages.
La musique dans le développement de l’intelligence:
la méthode Kaddouch®, un modèle d'apprentissage
par Robert Kaddouch, Concertiste, intervenant en Pédagogie pour le Ministère des affaires étrangères , Maître-Formateur pour les Conservatoires Suisses.
La pédagogie Kaddouch fait l'objet d'études en psychologie du développement neurocognitif de l'enfant, menées par l'équipe du GINDEV (groupe d'imagerie neurofonctionnelle du développement) dirigée par le Pr Olivier Houdé .
Olivier Houdé positionne le partenariat scientifique entre les écoles Kaddouch et la Sorbonne Paris 5.

Présentation du concept fondateur de la pédagogie Kaddouch® : la CONDUCTIBILITE

I. Présentation de Concepts
La création pour l’éducation
Je vais vous présenter aujourd’hui la création sous l’angle de l’éducation, à travers ma pédagogie musicale qui se trouve avoir révélé des mécanismes particuliers d’apprentissage et de développement de l’intelligence chez l’enfant. Mécanismes sur lesquels se penche actuellement l’unité de recherche du Pr Houdé, et qui font l’objet d’une collaboration avec Acoustik Arts.
Le couple Intelligence-Création
Alors, si on considère, comme Gide, l’intelligence comme la « faculté ultime d’adaptation », celle qui permet aussi, selon Piaget, de construire le réel , alors on peut mettre en rapport le couple Intelligence-Création, et même dire que la création sollicite et exerce l’intelligence.
2 précisions s’imposent toutefois.
- La première concerne l’intelligence :
Sachant qu’il n’y a pas une, mes plusieurs intelligences, et que ces intelligences multiples décrites par Howard Gardner positionnent la musique (selon ma méthode) comme reine des apprentissages, comme proto-apprentissage mobilisant la psychomotricité fine , les compétences visuo-spatiales, kinesthésiques, logico-mathématiques, les fonctions exécutives (dans l’improvisation) exerçant à la maîtrise des émotions, favorisant les relations interpersonnelles (jouer pour d’autres) et sociales (jouer avec d’autres).
- La seconde précision concerne la création
De quelle création s’agit-il ?
Ma pédagogie s’appuyant sur la création comme outil de développement de l’enfant, générateur d’intelligence, il est donc important de distinguer la Création avec un grand C (celle de Picasso dont les œuvres ont révolutionné la vision du monde, et qui ont créé une rupture épistémologique) et la création dont on parle ici, cette création qui construit l’enfant, celle que Bergson décrit en disant « l’homme n’existe qu’en créant » .
VIDEO ULYSSE THALIUM :
Illustration de « l’homme n’existe qu ‘en créant »
La vidéo que vous allez visionner présente Ulysse, un élève de notre département Hauts potentiels à l’âge 4 ans.
Dans ce cas, la création n’est pas simplement un outil pédagogique, elle répond à la nécessité absolue de pouvoir exprimer, concrétiser en un acte synthétique, une foule d’idées apparemment éparses qui traversent son esprit. (pétillances constructives)
Dans ce cours « Musique et Intelligence », la création est un acte, dirons-nous, existentiel : la preuve en est, le sourire de satisfaction d’Ulysse quand une solution adéquate est apparue. Ce sourire remplace une grande inquiétude, et la crainte de ne pas être compris : c’est ce qui explique pourquoi, à ce stade, je propose rapidement des solutions de réalisation.
VIDEO
Mon croisement de mains a résolu son problème d’expression de l’infini
La création qui construit l’enfant : l’évodique
Cette création qui construit, je l’ai nommée évodique
(du grec eu hodos, mettre sur la bonne voie, permettre l’accomplissement, la réussite)
- Ainsi l’enfant va soumettre le réel à ses objectifs en utilisant ses intuitions, ses potentialités, et en exerçant des stratégies spontanées pour obtenir ce qui n’apparaît pas immédiatement.
NB : Il est important de considérer les intuitions des jeunes enfants car elles sont puissantes et opératoires.
- Son intelligence va lui permettre d’assimiler pour transformer : assimiler son environnement, puis faire des choix et les imposer en exerçant un processus d’inhibition cognitive qu’a révélé le Pr Houdé et dont il vous parlera plus précisémment dans quelques instants.
- En effet, dans la jungle des idées et actions possibles qui traversent l’esprit, il est vital de pouvoir bloquer les stratégies inopérantes pour valider un choix, et ce mécanisme repésente le point culminant de l’intelligence humaine.
- On comprendra alors à quel point l’improvisation heuristique telle qu’elle est menée dans ma pédagogie, est importante dans le développement cognitif de l’enfant. Cette improvisation agit à la manière d’un GPS, et demande d’opérer sans cesse des choix, donc d’activer et de bloquer pour ajuster la production au projet.
Ainsi se forge le plus bel outil de l’homme, le cerveau dont la plasticité permet, par la création, de construire les circuits les plus adaptés à chaque individu : c’est l’évodique neuronale.
Le concept fondamental de Conductibilité
Mais le bon chemin (l’évodique) ne se trouve pas comme cela, voilà tout l’enjeu du processus éducatif généré par un concept fondamental de ma pédagogie : la Conductibilité.
Génératrice d’une théorie des moyens, elle s’oppose complètement à l’imitation et à la répétition qui ont jusqu’à présent, hanté nos apprentissages.
Hanté, car l’enfant a des choses à dire, des émotions à transmettre, que l’imitation rend impossible et que la conductibilité va permettre.
La conductibilité, c’est donc communiquer par la création
VIDEO Gégé
En démonstration de l’énergie créatrice de l’enfant, et d’une posture de Conductibilité illustrant cette communication par la création, voici la vidéo d’un bébé de 18 mois qui n’avait jamais touché un piano, et qui se lance à la conquête du monde, tous sens en éveil.
Ma démarche consiste à lui « tenir la selle » et à valider ses élans … lui résister parfois, ou lui montrer quand c’est indispensable.
La Conductibilité en exemple :
l’enseignement du geste technique expert
Alors cette conductibilité, je vais tenter de vous en donner une image à travers l’enseignement du geste technique qui habituellement est réalisé par la modélisation, la répétition et les exercices .
Il s’agit de la technique de verrouillage qui permet à la main du pianiste d’acquérir puissance et maîtrise.
- Mon point de départ est que « l’enfant n’apprend pas un geste, il gère des phénomènes physiques », et pour lui permettre d’utiliser cette potentialité, je vais stimuler, par le son, ses centres moteurs, tout en inhibant temporairement le processus d’imitation .
Je ne lui montre donc pas le geste, le lui donne, par une représentation sonore, l’élan et les moyens de l’inventer.
- Ainsi, l’enfant va réaliser son geste, d’après sa propre conception, cherchant ensuite à l’améliorer ou le développer : c’est à ce moment qu’on peut lui montrer le geste expert, car il a une monnaie d’échange, il peut comparer sa production à un modèle expert duquel il va retirer les informations qu’il cherche.
Il est évident que pour évoquer des gestes, des mouvements, des formes, par le son, en improvisant au piano, il est nécessaire de maîtriser une forme de la conductibilité qui est la synesthésie fonctionnelle (entendez union des sensations).
- Cette synesthésie fonctionnelle peut s’enseigner, en voici un petit exemple: je dessine sur une planche graphique sonore, un carré ou un rond, et l’enfant doit reconnaître la forme en écoutant le son uniquement : il connecte alors les circuits auditifs et visuels ... on utilisera aussi cette technique pour la lecture, et le traitement de la dyslexie (rapport geste, son, vision)
- Ainsi cette pédagogie du silence ( on ne montre que quand c’est le moment) génère un espace de création d’où jaillit l’apprentissage par fulgurance.
Et cet apprentissage spectaculaire montre bien que l’on n’est donc pas dans un système linéaire et cumulatif.
- En exemple, voici une vidéo de 25 sec baptisée par Olivier Houdé « tsunami d’apprentissage »
VIDEO Sasha position de verrouillage .
Sasha, 3,5 ans, arrive ce jour là en cours en me demandant de toucher ses muscles. J’ai compris que c’était le moment d’exprimer la puissance et les techniques qui la validaient. Il y a toujours, dans ma démarche pédagogique, la recherche d’un ancrage, c’est à dire d’un levier opportun qui va permettre d’enclencher un apprentissage, une connaissance.
Se lançant dans un mouvement d’improvisation, Sasha se demande comment il va pouvoir donner plus de puissance à son geste : il regarde alors ses mains, active plusieurs stratégies possibles, puis convient qu’une fameuse stratégie devrait être bonne (celle que les pianistes mettent plusieurs années à acquérir). Il sélectionne donc cette position et l’expérimente avec succès. Il va ensuite s’en amuser comme d’un jouet neuf, essayant plusieurs combinatoires dont « la technique du poisson » .
Le concept fondateur, la Conductibilité, étant illustré, je vais décrire brièvement les phases et points importants de ma méthode
II. Présentation de la méthode
Le Protolangage
Commençons par la phase de déclenchement :
Jouer sans apprendre, c’est l’ère du Protolangage :
Présentation
Le protolangage apparaît spontanément ou peut être déclenché et développé par des postures pédagogiques du type empathique et dialogique.
Dans tous les cas, l’enfant met en place par le dialogue et l’échange, un dispositif de communication qui fait appel à ses connaissances-noyau, ses intuitions .
Et il utilise un substrat linguistique , c-a-d des rythmes et mouvements mélodiques présents partout dans le monde et dont il n’a pas encore connaissance…
Les formes du protolangage
Précisons que ce protolangage peut prendre une forme gestuelle, vocale ou instrumentale, comme dans le cas de Gégé, ce bébé de 18 mois qui n’a jamais touché un piano, et qui fait feu de tout bois pour nourrir son envie de communiquer.
Conduire le protolangage
Pour développer de dialogue à ce stade,mon accompagnement est proprioceptif, c’est à dire que je me mets dans le même état, la même dynamique que l’enfant afin de pouvoir deviner, à travers mes doigts et mes connaissances, ce qu’il cherche à exprimer.
Ma production deviendra ainsi un verger dans lequel l’enfant va venir y glaner les fruits qu’il préfère, c’est encore un autre exemple de conductibilité.
Pour illustrer ces connaissances-noyau, voici une vidéo dans laquelle
VIDEO Matteo Tambour
Matteo, 2,5 ans, qui n’a jamais joué de percussions, prend deux mailloches et commence à faire le maïtre-tambour : le substrat linguistique, les rythmes archétypiques, apparaîssent alors très rapidement pour construire son vocabulaire.
Un bel exemple des connaissances-noyau présentes chez les tout-petits.
VIDEO Matteo Piano
Alors, donner trop d’ instructions à ce niveau là, gâcherait et contrarierait l’expression de ce potentiel : ma pédagogie, à la recherche d’un ancrage, va utiliser cette énergie rythmique et la délocaliser pour accéder à un nouvel apprentissage, le piano.
Il est à noter que cette problématique de la « transmutation du vécu en savoir » a fait l’objet d’un cours que j’ai donné à l’Institut Dalcroze de Genève, pour répondre à un réel problème de l’apprentissage restrictif de l’instrument après ces années épanouissantes de libération du mouvement.
L’intelligence émotionnelle
une expression avant les mots
- Par ce protolangage, l’enfant pourra exprimer ses émotions et ses désirs bien avant que les mots ne puissent le faire : Il développe ainsi son intelligence émotionnelle, comme capacité à organiser les sons de façon inédite par rapport à lui-même en fonction de l'émotion qu'il souhaite communiquer.
- A ce stade déjà, on remarquera à quel point l’apprentissage musical conductile participe au développement harmonieux, à l’épanouissement de l’enfant .
affiner ses choix
A un stade plus avancé, l’improvisation heuristique, terrain d’exercice du choix, va intégrer cette nouvelle maîtrise (je parle de l’intelligence émotionnelle), pour affiner ses prises de décision.
… alors nous pouvons élargir cette compétence à la capacité globale de prise de décision.
Sachant que la science a récemment montré l’importance des marqueurs somatiques et émotionnels dans la prise de décision, on peut maintenant dire que la maîtrise de marqueurs émotionnels permet de mieux gérer sa prise de décision, son engagement, de mieux s’adapter au réel,
L’improvisation permet donc de devenir plus intelligent !
Précisons maintenant cette forme d’improvisation que l’on nomme improvisation heuristique (l’art de chercher, euriko j’ai cherché… on remarquera qu’on l’interprète j’ai trouvé ! )
L’improvisation heuristique
On la résumerait en une phrase :« Ecouter et donner le sens »
Pour résumer la situation :
- après avoir réalisé ses premiers pas expressifs (le protolangage), l’enfant sombrerait vite dans l’activisme ludique, et mettrait vite fin à ses productions, en témoignent les récits des parents dont les enfants, après leurs premiers gribouillis sonores, se lèvent définitivement du tabouret.
C’est là que la posture inductive du maître, sous forme d’un accompagnement proprioceptif (tenir la selle), va permettre à l’enfant de sortir de sa boucle et d’accéder, de résistances en validations, à son réel objectif (c’est celui qu’il reconnaît comme tel).
Nous passons alors de « vas-y, je te tiens ! » à
« suivre l’enfant là où il va, et émettre à chaque instant des hypothèses quand au but recherché » Piaget
Dans cette phase Jouer à apprendre,(après Jouer sans apprendre) le professeur va , à 4 mains, provoquer des situations clés qui vont permettre à l’enfant d’exprimer et de réaliser ses goûts profonds .
Dans la succession des gestes pédagogiques (Déclencher, Provoquer, Observer, Valider), c’est le 2ème geste pédagogique, Provoquer (dans le sens pro vocare = appeler en avant, faire naître, exciter
La vision pédagogique
Voilà maintenant une étape qui caractérise fortement mon travail par rapport à des méthodes d’improvisation, méthodes ludiques, actives et autres : c’est la vision pédagogique.
- l’analyse des productions détermine un vrai projet individué qui va susciter la mise en forme d’un programme d’étude validé par l’enfant puisque correspondant à ce qu’il rêve de faire, mais qu’il ne savait pas dire.
Dans cette phase d’observation (Déclencher, Provoquer, Observer, Valider) , le maître va examiner chaque production de l’enfant, et émettre des hypothèses sur le projet musical recherché, la « création qui construit l’enfant ».
On est passé des pétillances constructives où toutes les idées, toutes les actions, suggestions sont possibles …, à des situations –clé par rapport auxquelles l’enfant a réalisé de vrais choix, construisant ainsi l’évodique (le bon chemin) L’étape d’étude, d’apprentissage formel qui suivra validera alors ces choix.
Métaphore :
Je me permettrai une métaphore pour synthétiser tout cela :
- On prépare la terre (les fonctions cognitives) en rapport avec ce que l’enfant veut y planter (projet musical, évodique)
- et l’on sème une infinité de graines (les connaissances, les techniques), quand on sait que le terrain peut les assimiler (performance des mécanismes d’apprentissage, mémorisation, aménagement cognitif) et les transformer (processus de création) .
on est là dans une expression cognitive de la formule « apprendre à apprendre »
Il s’agit maintenant de bien soigner l’apprentissage !
On remarquera donc qu’il n’est pas premier, il suit la préparation cognitive à l’apprentissage.
VIDEO projet Ulysse tableau de Mandeleiev
Pour illustrer la naissance d’un projet
L’enjeu de l’apprentissage
Nous abordons donc la phase de validation :
après Déclencher, Provoquer, Observer, il y a Valider (valeur)
Après JSA, JAA, vient AAJ (apprendre à jouer) :
l’enfant va construire ses connaissances et ses techniques dans un ordre qui ne sera pas linéaire et cumulatif, mais spiralaire (revenant parfois sur les mêmes éléments mais à un autre niveau)
Une progression spiralaire donc, et des fenêtres de développement, et même des régressions parfois …
le maître mot est « l’enfant peut apprendre tout ce qu’il sait demander » , et c’est au professeur de trouver la manière d’apporter cette connaissance, c’est à lui aussi, à partir de la vision pédagogique, de passer d’une réussite spontanée (ce que l’enfant fait sans effort), à une réussite nécessaire (ce qu’il doit développer, dans le cadre du projet pédagogique institué par la vision pédagogique et validé par lui.
De ce fait, l’évaluation formative considérera si les efforts accomplis sont en direction du projet défini, ou si un réajustement est nécessaire : « l’enfant est maître de son apprentissage, mais le professeur en est le garant », sachant que le projet défini n’est pas figé, il n’est pas clos sur lui-même, toujours prêt à être ajusté en fonction des nouvelles expériences , aidé de cette « atmosphère conductile permanente »:
Et je donnerai
- cette définition de l’évaluation : « évaluer ce qui apparaît pour construire ce qui est nécessaire ».
- Et une nouvelle description de l’intelligence : « ce n’est pas une structure qui fonctionne, mais un fonctionnement qui ce structure »
La délocalisation, conclusion
apprendre à apprendre. Fonctions exécutives
En Conclusion, je dirai que :
Cette méthode s’applique déjà
- à l’apprentissage des langues (mise en forme des moteurs linguistiques)
- à l’étude des mathématiques : mises en situation nécessitant l’outil mathématique (symétrie sonore par exemple)
- elle traite les problèmes de l’autisme, l’asperger, la dyslexie, et
- des cours « Musique et Intelligence » sont dispensés pour les enfants à haut potentiel.
Dialogue Musical Critique DMC
Ma pratique actuelle me permet, par des mises en situation musicales qui engagent l’ensemble des compétences de l’enfant de produire des bilans, tests et diagnostics d’apprentissage dont la vertu en est le dynamisme .
L’avantage de ces bilans est qu’ils proposent des solutions en même temps qu’ils examinent un état.
En effet, l’enfant, en montrant là où il en est, est déjà sur le chemin du devenir .
Ce devenir intégrant le développement de l’intelligence conductile, c’est à dire une intelligence créative , utilisant l’ensemble des intelligences et des potentiels afin d’apprendre à poser et à résoudre réellement des problématiques.
Ceci est l’enjeu de mes collaborations avec le Pr Houdé d’une part, et Acoustik Arts d’autre part.
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