Les Cours Kaddouch & Music en Europe :
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Jouer sans apprendre, Jouer à apprendre, Apprendre a jouer, Apprendre à apprendre
Principes pédagogiques
L'objectif de la méthode Kaddouch est le développement de l'enfant par la musique. En alternant création et récréation, cette méthode traite le piano comme un grand hochet, suscitant tour à tour l'improvisation vocale, rythmique ou instrumentale : elle développe ainsi le plaisir de l'étude et ouvre la voie à l'apprentissage de tout autre instrument .
Enseignement proposé aux enfants, aux adultes débutants ou expérimentés et aux professionnels.
- éveil musical pour bébés
- cours particuliers de piano pour bébés
- formation musicale pour enfants et adultes, tous niveaux
- cours de piano pour enfants et adultes, tous niveaux
- cours d'interprétation tous instruments
- cours d'analyse et d'harmonie
- cours d'improvisation
- école des parents : cours de pédagogie
- orchestre
- atelier de rythme
- classe de composition
- classe de jazz
- éveil aux langues pour bébés : Kaddouch Language School
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L'exemple du Luxembourg et de l'auvergneExemple de formation : conférence donnée pour les maîtres- formateurs du Royal College of Music de Stockholm (KMH)
Le projet global de notre pédagogie musicale se résumerait presque à aider l'enfant. Mais l'aider à quoi ? La musique est utilisée pour le développement de l'être humain. L'apprentissage de la musique n'est pas une fin en soi. L'apprentissage de la musique est d'abord un moyen de montrer à quelqu'un qu'il a vraiment des potentialités en soi, puis de construire l'identité individuelle et sociale d'un " sujet musical ".
" Aider l'enfant " signifie donc, dans un premier temps, l'amener à exprimer ce qu'il a envie de faire -et dont il n'a en général pas conscience. C'est que la musique, l'homme l'a en soi. L'expérience du déblocage de publics adultes rétifs au départ le montre.
La question est donc de savoir comment donner au bébé, à l'enfant, au jeune, à l'adulte débutant ou recommençant, l'envie et les moyens de parvenir au stade de l'outillage conscient et volontaire.
La situation-clé pour les tout-petits est le jeu improvisé, fondé sur l'expression spontanée, mais dans des situations provoquées et interactives. Il se prolongera ultérieurement d'une pratique et d'une culture de l'improvisation, outillées lorsque le temps des outils sera venu. Au premier stade, le jeu improvisé prouve l'existence de ce qui fonde cette pédagogie : des potentialités innées.
2. Des potentialités innées : Autour de ce postulat s'organise le bilan de multiples expériences pédagogiques.
- l'enfant est capable de construire et de recomposer un langage musical, qui repose sur un substrat linguistique, sur des universaux.
- le jeune enfant n'est pas égocentrique mais " être pour la communication ", il construit dans l'interaction les moyens d'y parvenir.
- cette construction est d'abord l'expression d'un projet profond dont il n'a pas conscience.
- son émergence suppose l'exploitation par l'enseignant, dans des situations appropriées, des " zones actives " de l'enfant.
3. Le jeu improvisé et l'improvisation : la forme- type du développement premier de ces potentialités.
A son niveau supérieur, l'improvisation (rythmique, mélodique, harmonique) exige un haut niveau de maîtrise musicale, et plus largement mentale, des connaissances théoriques et des capacités de gestion des flux sonores. Ce dernier point indique cependant dans quel esprit elle est retenue et mise en œuvre, même pour les tout-petits.
Elle consiste en une manière d'entrer directement dans l'action, qui n'implique pas nécessairement la structuration, mais qui exerce potentialités et stratégies dans le cadre de situations interactives avec l'enseignant, où les capacités suivantes sont forgées et mises à l'épreuve :
- oser et gérer la note imprévue, ne pas hésiter à partir sur un élément apparemment étranger, qui peut d'ailleurs être un temps de silence.
- oser l'incohérent pour construire une meilleure cohérence. L'improvisation est vue ici comme un outil pour percevoir la signification des éléments musicaux : improviser des tierces pour comparer leur effet avec celui que produisent des quartes. Il y a là une condition pour ce qui sera décrit plus loin sous le terme de " vitalisation " de l'information.
- développer la réactivité liée à l'anticipation que l'on peut déployer face à l'inconnu pour l'intégrer dans le connu, mais avec pour résultat une nouveauté esthétique. Il ne fait pas oublier qu'une manifestation importante du développement de l'intelligence est celui de la capacité à relier des choses entre elles.
- construire son propre projet musical. " Si un accord te plaît, alors il existe ", écrivons-nous dans un ouvrage pédagogique. Il s'agit de laisser traîner ses doigts sur un piano et de s'arrêter sur un accord, de le noter, de répéter l'opération pendant 15 jours, de chercher ensuite les constantes entre tous ces accords, de repérer les compositeurs qui les ont vitalisés, et de constituer ainsi un programme d'écoute qui permettra à l'étudiant de construire son jeu.
- entrer pleinement dans le potentiel révélateur des situations interactives : l'enseignant " apprend " à l'étudiant qu'il est capable de réalisations musicales, que celles-ci obéissent à une forme d'organisation ; l'étudiant retrouve dans ces organisations des projets qu'il ne savait pas formuler, et à partir de là, ressort de " l'éducation par la musique " avec un projet parfois complexe, et qu'il ne soupçonnait pas.
4. " L'élève " parle ", le maître écoute " : la " posture " empathique de l'enseignant est la condition pour que l'enfant devienne acteur.
Il ne s'agit pas de laisser l'étudiant faire n'importe quoi selon son caprice, mais de l'aider à trouver ce qu'il a VRAIMENT besoin de faire. D'où le caractère très raisonnable du paradoxe ci-dessus : " Voilà ce que tu fais, et je te donne les moyens de le faire seul ". Sa mise en œuvre se traduit par :
- la mobilisation de " l'intelligence affective ", qui amène l'étudiant à prendre conscience de la réalité enfouie au fond de sa démarche, et permet au pédagogue de placer l'expérience musicale avant l'objectivation de cette expérience.
- le principe d'empathie. L'enseignant permet, motive, " lit " ce " vrai " besoin. L'on peut parler de " posture " car il y a véritablement là un ensemble de schèmes de comportement qui imprègnent les gestes et les réactions les plus concrètes caractérisant le rapport de l'enseignant à la musique, à la pédagogie, à l'étudiant. La finalité et la finesse de cette posture, c'est de donner à l'élève accès à la conscientisation de ce qu'il a vraiment envie de faire ; les " réponses " de l'adulte en sont l'instrument. L'empathie est nécessaire car l'élève doit être convaincu que ces réponses caractéristiques de l'improvisation interactive manifestent ce qu'il voulait faire : il pourra ainsi prendre conscience de la manière dont il veut et peut le faire.
- une conception spiralaire du cursus, et non linéaire. La notion de " progression " ne suit pas les critères habituels de difficulté technique. Dans notre pédagogie, il n'est pas possible de programmer des " stades ". Il n'y a pas deux parcours qui se ressemblent, chacun passant et repassant à son rythme sur des objets analogues, mais à des niveaux différents. Cette planification " intérieure " est indissociable d'une posture empathique de la part de l'adulte.
Une fois que l'élève a accompli le parcours de conscientisation de son propre projet, l'enseignant outille. Cet ordre-là des apprentissages correspond à la nature même de la musique : la musique fait appel à la conscience la plus élevée, or mécaniser la technique revient à abaisser le niveau de conscience des processus, et commencer par cette mécanisation empêchera l'enfant de prendre ultérieurement de la hauteur. En réalité, liée au geste, la technique s'ancre dans le domaine audio-moteur : " Je ressens et je fais ". Le fondement de la technique ne peut être une simple connaissance apprise. Il n'y a pas de réel " savoir faire " qui ne se fonde pas sur l'ouverture consciente du " casier " des sensations kinesthésiques.
Vitaliser la technique apparaît ainsi comme une condition de l'autonomie, comme un poutre-maîtresse de " l'éducation par la musique ". Il s'agit de développer la représentation intérieure de la connaissance, la capacité à décanter et reconstruire l'information en cherchant son utilisation -à la rendre disponible. Cet objectif n'est pas étranger à la manière dont l'enseignant positive le contexte interactionnel : la capacité d'empathie signifie alors qu'il doit fonctionner comme les étudiants ont besoin qu'il fonctionne pour développer toute une partie de leur sphère d'activité qui est en rapport avec leur état.
Vitaliser les connaissances se fait sous l'effet de la situation créée, donc sans formalisation prématurée. La lecture rapide des partitions est fonction de la capacité d'anticiper le sens, dont le développement renvoie à l'improvisation, il faut lire à peu près comme si l'on inventait la musique, comme si l'on improvisait : c'est dans cet esprit que l'on peut parler de vitalisation du code. Vitaliser l'information, c'est intégrer l'information en sachant pourquoi elle est là. C'est aussi corporéifier le rythme de la partition. Il faut aboutir à une fusion entre le projet du musicien et l'outillage mis à sa disposition. On a recours ici à la notion d' " intelligence affective ", qui caractérise ce qui est à l'œuvre chez un étudiant lorsqu'il fait le lien entre une notion apprise et une " tranche de vie ". Quand une notion est rattachée à une tranche de vie, elle prend toute son ampleur parce qu'elle est intégrée à ce que la personnalité a de plus profond, elle est délocalisée, " corporéifiée ". Corporéifier l'information est donc un objectif : l'extraire du lieu où elle est donnée, et ce faisant, lui donner toute sa valeur. La posture de l'enseignant en vient à signifier : " Ce que je te dis est intéressant, même si tu ne le sais pas encore. Et après je vais te dire pourquoi c'est intéressant : parce que ça correspond à une question que tu t'es posée sans la formuler ". Une question musicale. " Tu aurais voulu faire ça, peut-être ? Oui ? Non ? Si oui, voilà ce que tu aurais pu faire ". Voilà l'information que je te donne ".
Appuyés sur l'existence de potentialités innées, les moteurs sous-jacents de l'apprentissage musical résident dans la curiosité de l'étudiant (à communiquer et développer), dans la résonance intérieure de l'information Alors peut se développer un plan de travail, nécessairement individualisé (" Voilà ce que tu fais, je te donne les moyens de le faire seul "). Un moyen, paradoxal : l'écriture, qui fixe et s'oppose donc à l'improvisation, à sa temporalité, mais permet la visualisation qui va faire apparaître de nouvelles fonctions -de nouvelles manières d'improviser, de choisir et utiliser ses improvisations. L'on peut donc parler d' " éducation par la musique " dans la mesure où notre enseignement musical, moteur d'autres apprentissages, se révèle capable à la fois d'assurer un développement personnel intégral et de faciliter d'autres acquisitions spécifiques, comme les mathématiques ou les langues vivantes, à l'apprentissage " musical " desquelles nous consacrons des ateliers depuis plusieurs années.
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