Comprendre les cours en vidéo

 

Comprendre la Pédagogie Kaddouch à travers

notre réflexion sur la nécessité actuelle de créer

un enseignement à distance

 

Le format interactif de mes leçons étant très loin de la formule actuelle des cours à distance, il est donc indispensable que les parents saisissent ma démarche de réflexion et d’adaptation.

Qu’est-ce qu’apprendre ?

Dans les vidéos de cours formation musicale (pas les cours d’éveil musical), à l’image du Cours Kaddouch, il ne s’agit pas simplement de demander à l’enfant d’assimiler passivement une notion quelconque, mais d’étendre, chez lui, le champ de la connaissance pour accéder au savoir, sachant que la qualité du savoir dépend du processus de connaissance utilisé pour le produire. Je vais expliquer de quelle manière je procède.
Aller à l’origine du savoir

Au départ, l’objectif est toujours de – poser une grande question, une problématique fondamentale, – d’évoquer, avec l’enfant comment les hommes, à travers l’histoire, auraient pu la résoudre, – énoncer enfin, la solution que ces derniers ont effectivement apportée.

Il est évident que le fait d’examiner la raison pour laquelle l’homme a privilégié une option plutôt qu’une autre, apportera du sens à l’information transmise, on n’apprend pas quelque chose parce qu’il le faut, mais parce que cela correspond à un besoin.

Permettre à l’enfant d’accéder au monde des idées

Ainsi, l’enfant est amené à concevoir que la connaissance n’est pas une vérité immuable, bien qu’elle porte toujours en elle, une Idée sans cesse actualisée et réactualisée. On notera que cette conception développe chez l’enfant, le sentiment de devenir un acteur important de la construction de la (sa) connaissance.


Un exemple : enseigner la blanche et la noire

Pour donner un exemple, plutôt que d’apprendre les figures de notes (la blanche, la noire …) comme une fatalité immuable, l’enfant , dans nos cours, est soumis à une problématique fondamentale : écrire le temps.

 

Changer la nature de l’espace

Bien sûr, la première idée qui apparaît pour cela, est d’utiliser l’espace pour représenter le temps : plus on marche, plus on utilise d’espace, plus le temps passe. Plus un trait est long, plus il faut de temps pour le tracer.

Mais dans cette option d’écriture, le support de l’espace pose autant un problème qu’il apporte une solution : il faudrait 10 mètres de papier pour écrire une petite chanson, car chaque valeur longue, chaque son plus long utiliserai plus d’espace !
La solution pourrait être de changer la nature de l’espace : envisager peut-être un espace conceptuel, abstrait ? Un code qui permettrait au lecteur d’imaginer, dans sa pensée sonore et dans sa représentation motrice, une durée plus ou moins longue ?

On lit une blanche par exemple, et on imagine qu’elle dure deux fois plus longtemps que la noire ….
Abstraction et Proportionnalité

Mais là, apparaît une autre notion : la proportionnalité. En effet, le plus important, ce n’est pas d’assimiler des durées absolues, ou des espaces figés, c’est de concevoir qu’une durée est plus courte ou plus longue de moitié, d’un tiers … que celle qui la précède ou qui la suit .

Une noire durera 1 sec. si la blanche dure 2 sec., mais une noire durera 2 sec. si la blanche dure 4 sec., en fait, une noire durera toujours la moitié de la durée de la blanche : c’est cette proportionnalité qui fait que l’on reconnaît une chanson, une mélodie, quelle que soit la vitesse, le tempo, auquel elle est jouée.

 

Abstraction, parce que proportionnalité

On comprend ici que le souci de proportionnalité est probablement la raison pour laquelle les hommes ont choisi un code (abstrait) plutôt qu’une représentation spatiale, pour exprimer les durées des sons.

En effet, nos fonctions exécutives (le cortex préfrontal, siège du calcul mental) sont beaucoup plus agiles pour traiter des questions de proportionnalité, que notre œil ou notre geste (erreurs de perspective …)


 

Résumé : Apprendre, c’est allumer un feu

Dans nos cours, ce qui est transmis à l’enfant : ce ne sont pas uniquement des connaissances, c’est un enseignement du savoir actif.

Dans le cas de cette leçon « Ecrire le temps », par exemple on apprend à l’enfant que :

  • l’espace et le temps entretiennent des rapports privilégiés
  • ces rapports peuvent être variables
  • l’espace mental, conceptuel déjoue l’espace physique et même le temps. Mozart disait : « j’entends toute ma symphonie en 1 seconde »
  • la proportionnalité et son mode de traitement : les fonctions exécutives

Il est bien évident que je n’explique pas tout cela aux enfants, mais cet enseignement est engrammé dans l’apprentissage d’une notion. C’est ce qui donne le sens à une connaissance.

Victor Hugo disait : « Apprendre, c’est allumer un feu », et ce n’est pas remplir un vase que l’on considérerait comme vide. Et je rajouterai : « Enseigner, c’est allumer un feu »

 

Robert Kaddouch